MONTÉE DU BETTEX

Non, Le Bettex n’est pas le nom du dernier cinéma 4DX qui vient de s’ouvrir. Le Bettex fait partie du domaine skiable de  Saint-Gervais-les-Bains,  situé en Haute-Savoie. Le pays du Mont-Blanc. Côté vélo, Romain Bardet s’y est imposé avec panache en solitaire, lors de la 19ème étape du Tour de France 2016. Succès qui lui a permis par la suite de prendre, et conserver, la 2ème place au général.

En vacances sur place en août 2017, je n’avais donc pu résister à en effectuer la Montée. En “mode récup”, 10 jours après l’Ironman de Zurich. Comme j’avais du coup quelques kilos en moins*, je m’étais dit : « ça passe tranquille »… J’ai ainsi pu mesurer la rudesse de cette ascension et l’exploit que Bardet avait réalisé un an plus tôt.

*Victime de déshydratation et hypoglycémie à Zurich, j’avais perdu 5 kg pendant la course.


Une montée courte, mais sèche

“Mode récup” ou pas, même avec un poids grimpeur, on ne triche pas avec la montagne. Car elle sait vous rappeler qu’il faut l’aborder avec humilité. Ce fut le cas lors de cette ascension. Logé en plein centre de Saint-Gervais-les-Bains, j’ai ainsi pu directement partir à l’assaut du Bettex, sans échauffement. En effet, en dehors des quelques premiers hectomètres plats pour traverser le Pont du Diable, l’enfer montre ses premiers signes dès la route de Megève.

La pente n’est certes pas insurmontable, mais se cabre rapidement à 5% dès la bifurcation sur la route d’Orsin. Sur celle-ci, une longue partie assez rectiligne de 2 km s’ensuit, direction plein sud, jusqu’au village éponyme. Puis, une fois ce point atteint, il me restait alors 6 km à parcourir. Pour le coup bien échauffé, j’eus alors le sentiment de réellement rentrer dans la difficulté de cette montée. 6 km… une distance si courte, et si longue à la fois.

Une ascension face au Mont Blanc… en temps normal

Profiter de la vue. C’est généralement ce qui peut faire oublier la difficulté de l’effort lors de l’ascension d’un col en vélo. Je n’ai malheureusement pas eu ce privilège, le Mont-Blanc préférant rester caché sous un manteau brumeux. Et emmitouflé par de longues écharpes de nuages. Un vrai temps de montagne, autant instable que menaçant.

En termes de paysages de cartes postales, je n’ai ainsi pas eu grand chose à me mettre sous les dents. J’ai donc dû les serrer, notamment à partir d’Orsin, où la montée prend (enfin) une vrai allure de col de 1ère catégorie. Les lacets s’enchaînent, permettant quelques relances. Mais en contrepartie, la pente s’élève de plus belle et oscille régulièrement entre 6,5 et 10%.

Une fois calé sur un rythme régulier, ou plutôt un train de sénateur (bien loin de la vélocité de Bardet !), j’ai alors pu voir défiler avec réconfort les bornes kilométriques jusqu’au sommet. Quelques relances en sortie de lacet plus tard, j’atteignais le panneau annonçant le point culminant à 1 369 m (enfin presque ! lire juste après) de cette Montée du Bettex. L’ayant effectuée en fin d’après midi, l’arrivée fut d’ailleurs assez particulière. 20°C au départ, un peu plus de 5°C au sommet, le tout dans un brouillard épais à la Silent Hill.

Aucun bruit ni signe de vie, en dehors d’un chien vagabond… L’ambiance mystique se dégageant ne m’a alors pas incité à poursuivre jusqu’à la télécabine du Bettex qui culmine à 1 405 m d’altitude. Le temps d’enfiler les manchettes pour la descente, je repartais alors, après avoir fait un salut aveugle au Mont Blanc et avec une pensée en tête : « chapeau, Mr Bardet ».


L’essentiel – Montée du Bettex

  • Altitude : 1 369 m
  • Kilométrage (depuis St Gervais-les-Bains) : 8,7 km
  • Dénivelé + : 600 m
  • % moyen : 7
  • % max sur 1 km : 9,5
  • Catégorie : 1ère
  • Profil : ici

Ascension(s) réalisée(s) : 09/08/2017
Crédits photos : Cédric Le Sec’h @cedriclesech